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12.05.2017. Il est primordial de distinguer les forêts clairsemées de marantaceae, mieux connues pour l'habitat qu'elles fournissent aux éléphants et gorilles, parmi d'autres types de forêt.

 

Ces forêts occupent de larges surfaces de concession qu'Interholco gère dans le nord du Congo, et sont caractérisées par une canopée clairsemée avec des arbres bien espacés et des sous-bois d'herbacée denses de Marantaceae et Zingiberaceae. Poussant sur un sol ultra-sec, cette végétation est sensible au feu. Les forêts de Marantaceae sont le résultat de troubles antérieurs, à la fois de cause naturelle et humaine, avec une dégradation forestière consécutive. Ce constat a été clairement établi par des études archéo-pédologiques et C14 qui ont découvert du charbon et des restes humains dans le sol. Par ailleurs, les recherches ont indiqué que recolter des arbres dans des végétations clairsemées de type Marantaceae permet une récupération du dynamisme des forêts sur les sentiers de débardage, à l'exemple de percées dans les sous-bois d'herbacées permettant aux jeunes plants de germer, et aux plants existants de prospérer, mais également de régénérer les essences de bois. Par conséquent, on en conclut que l'exploitation d'arbres dans les forêts de Marantaceae stimule la régénération naturelle, ce qui est inhibé dans les forêts « intactes ».

Il s'agit là seulement de certaines des conclusions essentielles relevées par environ 20 scientifiques, écologistes et experts d'ONG et instituts de recherche locaux et internationaux, ayant contribué au groupe de travail sur les incendies en forêt dans les forêts clairsemées de Marantaceae. Interholco a lancé l'initiative au début de l'année 2016, afin de découvrir comment remédier au mieux à l'impact de la sécheresse extrême et des incendies dans les forêts de Marantaceae à canopée clairsemée dans leur concession.

Des scientifiques, écologistes et experts en forêts tropicales, feux de forêt et surveillance par satellite ont visité les sites, échangé des observations et développé des conclusions. En plus de permettre des recherches écologiques, cette étude a souligné l'idée que les sentiers et routes de coupe larges devraient être désignés responsables des incendies provoqués par l'homme. Selon les experts des groupes de travail, la densité humaine (la présence et l'importance de peuplements humains) est un facteur-clé pour déterminer le risque d'incendie ainsi que l'étendue des forêts risquant d'être affectée. Il s'agit là d'un aspect crucial, alors que les indigènes et communautés locales ont traditionnellement peuplé et interagi avec des écosystèmes forestiers durant des centaines, voire des milliers d'années. L'interaction des locaux avec les forêts date certainement de leur droit de chasser et regrouper des activités.

Alors que 2016 touchait à sa fin, trois recommandations principales ont été présentées par le groupe de travail sur les feux de forêts dans les forêts clairsemées de Marantaceae :

  1. Des actions de sensibilisation dans les villages/communautés, les alertant du danger des feux de forêt étalés, spécialement avant les saisons particulièrement sèches.
  2. Surveiller l'impact du feu sur la mortalité des arbres et leur repousse future.
  3. Évaluer la possibilité de plantation sur les sentiers de débardage ou libérer la régénération existante.

Interholco a intégré des actions de sensibilisation dans le travail que l'équipe sociale accomplit avec les communautés locales et les indigènes, et va continuer de nouer des liens avec les instituts et centres de recherche ou autres acteurs intéressés concernant des projets pertinents.

Interholco souhaite adresser des remerciements sincères pour le temps et les ressources que les équipes respectives ont consacré au groupe de travail, notammenht au CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement des régions tropicales et méditerranéennes), au CIFOR (Centre pour la recherche forestière internationale), au EU JRC (Centre de recherche conjointe de la Commission européenne), à l'FRMi (Forêt Ressources Management ingeniérie), au FSC (Forest Stewardship Council), au Gembloux Agro-Bio Tech (Université de Liège), à l'University of Maryland (UMD GLAD initiative), au WCS (Wildlife Conservation Society), au WRI (The World Resources Institute) et au WWF (World Wide Fund for Nature).

Pour plus d'information:

Gillet J.-F., 2013. Les forêts à Marantaceae au sein de la mosaïque forestière du Nord de la République du Congo : origines et modalités de gestion. Université de Liège – Gembloux Agro-Bio Tech

Defourny P., Delhage C., Kibambe Lubamba J.-P., 2011. Analyse quantitative des causes de la déforestation et de la dégradation des forêts en République Démocratique du Congo. UCL/FAO/CN REDD

Miehe P., 2015, Assessment of natural regeneration on skid trails in dense and transition Marantaceae forests in the North of the Republic of Congo, Master Thesis, Technische Universität München

Verhegghen A., Eva H., Ceccherini G., Achard F., Gond V., Gourlet-Fleury S. and Cerutti P., 2016. The Potential of Sentinel Satellites for Burnt Area Mapping and Monitoring in the Congo Basin Forests. MDPI AG

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